La Berryer décentralisée instituée à Toulouse
Il est des événements, que l’on contemple et d’autres que l’on choisit de vivre. La Conférence Berryer fait assurément partie de cette seconde catégorie.
Acteurs et spectateurs de ces jeux de l’éloquence, traditionnellement exclusivement parisiens, ont démontré, cette année, que la conférence Berryer a définitivement acquis sa légitimité à Toulouse.
A Paris comme ailleurs, les règles de l’exercice demeurent immuables comme celles d’un rite qui ne saurait souffrir d’une quelconque dénaturation : un invité d’honneur qui fût cette année, Monsieur Jean-Louis Debré, Président du Conseil Constitutionnel ; deux valeureux candidats à l’autodérision éprouvée ; douze Secrétaires de la Conférence composant la critique, et enfin une contre-critique assurée par un ou plusieurs anciens Secrétaires.
Pour satisfaire aux exigences de cette « Berryer décentralisée », huit Secrétaires parisiens ont ainsi franchi le périphérique et sont « descendus » de la Capitale afin de prêter main-forte aux quatre Secrétaires toulousains pour assurer la critique. La contre-critique était quant à elle servie par le Vice-Bâtonnier le plus éloquent de tous : Jean-Yves Le Borgne accompagné de Pascal Saint Geniest, Bâtonnier du barreau de Toulouse.
Et pour contempler le spectacle, une arène regorgeant de curieux venus saluer la verve des uns et le courage des autres.
Les équipes ainsi composées, les jeux purent commencer.
Cette année, le portrait doux-amer de l’invité a été dressé par les premier et troisième Secrétaires de la Conférence toulousaine. Les contre-vérités lancées par ces derniers ont été immédiatement rectifiées par un Jean-Louis Debré, cinglant, aux remarques acerbes et à la faconde redoutable déstabilisant même quelque peu les orateurs non encore vraiment rompus à l’exercice.
Les candidats prirent alors la parole – Morituri te salutant !
Chacun, critiqué tour à tour par les Secrétaires parisiens et toulousains se lançant alors dans une série de joutes oratoires corrosives, aux contours acides, mais qui n’aura pas suffi à effacer le sourire du visage des deux impétrants, confirmant ainsi une propension réelle ou supposée à l’autodérision.
A ces deux candidats d’un soir, j’adresse mes plus sincères félicitations.
Je tiens à remercier naturellement, Monsieur Jean Louis Debré, invité prestigieux de cette Berryer, qui nous fit l’honneur de sa sage présence ce soir, se prêtant, en toute simplicité, avec finesse et éloquence à ce spectacle de bons mots.
Je souhaite également remercier, l’ancien Vice-Bâtonnier, Monsieur Jean-Yves Le Borgne, aux critiques redoutées (à raison) et redoutables, Monsieur le Bâtonnier Saint Geniest, dont l’initiative et la volonté ont permis de voir naître et perdurer cette Berryer délocalisée, les Secrétaires de la Conférence du barreau de Paris pour avoir accepté de jouer le jeu de la délocalisation à nos côtés, les anciens Secrétaires de la Conférence du barreau de Toulouse qui ont su nous accompagner sur les chemins escarpés de cet exercice si difficile, et tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la concrétisation de cet événement.
Gageons que la Berryer délocalisée se perpétuera entre les mains de nos successeurs pour que le barreau de Toulouse demeure un grand barreau non seulement par le nombre mais surtout par le talent.
Maher ATTYE
1er secrétaire
La deuxième édition de la conférence Berryer décentralisée s’est déroulée le mardi 27 novembre 2012 à 21h00 dans la salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat à Toulouse.
Sujet 1 "Est-il bien sage d’en être un ?", par Aurélien Delecroix, avocat.
Sujet 2 : "Dur dur d’être bien né ?", par Laurie Delpont-Rauzy, avocat.
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La Conférence Berryer est organisée depuis des décennies par la Conférence des Avocats du barreau de Paris.
Le jeudi 6 octobre 2011 à 20h30, salle du Sénéchal à Toulouse, s’est tenue la première conférence Berryer décentralisée.
Les Secrétaires parisiens auxquels se sont mêlés pour l’occasion leurs homologues toulousains, sous la présidence de notre confrère Eric Dupond-Moretti, invité d’honneur, et en présence des bâtonniers parisien et toulousain ont animé cet événement qui a été très largement victime de son succès. Vous avez été, en effet, très nombreux à assister à cette conférence et nous regrettons de ne pas avoir pu vous accueillir plus nombreux. Cette Berryer s’est déroulée dans des conditions très proches de ce qui se pratique à Paris traditionnellement.
Après un portrait doux-amer de l’invité par Me Jean-Damien Cazanave et Me Marion Barreault-Clergue et la réponse qui convient, deux jeunes avocats toulousains ont traité avec courage les sujets proposés et ce, au beau milieu de la foule. Il s’agit de :
« Les mémés aiment-elles la castagne ? » par Me Emmanuelle Franck
« Faut-il porter la robe d’un autre ? » par Me Thomas Herin-Amabile
A l’issue de chaque discours, les douze Secrétaires ont critiqué tour à tour les candidats avec plus ou moins de férocité et d’humour, ce qui a pu parfois déconcerter les non-initiés, mais ravir celles et ceux d’entre vous qui connaissent le principe des conférences Berryer.
Autodérision, excès, humour et liberté, telles sont les caractéristiques de la Conférence Berryer.
Pour clore la soirée, la contre-critique a été assurée par M. Pascal SAINT GENIEST, Bâtonnier de Toulouse et M. Jean CASTELAIN, Bâtonnier de Paris dont le rôle a été de clouer au pilori chacun des Secrétaires.
L’invité d’honneur, Eric Dupond-Moretti, a pu intervenir très librement tout au long de la conférence, se prêtant au jeu avec un plaisir non dissimulé et notamment suite au discours de présentation qui n’a pas manqué de l’étonner et de le séduire.
La communication autour de la Berryer laissait nombre de confrères perplexes, exercice plus que prisé sur la capitale mais presque inconnu « au-delà du périphérique » comme s’est plu à le viser Maitre Eolas sur son célèbre blog.
La perplexité a vite laissé place à la curiosité puisque finalement la cour pavée de la salle du Sénéchal regorgeait de curieux, qui dès 18 heures n’ont pas risqué de se faire voler leur tour.
Malheureusement, et c’est là le lot de toute Berryer qui se respecte : la salle est comble en 10 minutes après l’ouverture des portes, beaucoup de ceux qui ont patienté à l’extérieur…y resteront.
A tous ceux là, naturellement déçus voire grognons pour certains d’avoir du rebrousser chemin alors que la salle crépitait bien au chaud d’impatience, le présent propos présente des excuses, mais effectivement, victime d’un succès non usurpé pour ce spectacle gratuit de plus de trois heures trente, chacun s’était vu mis en garde sur la seule limite quoiqu’implacable, des places disponibles.
Finalement, à l’intérieur de la salle en amphithéâtre, ils étaient plus de 300, plus ou moins confortablement lotis, debout contre les portes, appuyés le long les murs, recroquevillés sur les genoux, par terre devant la scène, étouffant sur une marche saillante, coincés à deux sur un même fauteuil : aucun d’eux n’a bougé !
Et pour cause, les 8 Secrétaires parisiens pénètrent dans l’arène toulousaine du soir, suivis de leurs 4 hôtes toulousains, avec au milieu de tous, débarquant à peine sur Blagnac entre deux assises, l’une à Cayenne, l’autre à Versailles, l’invité d’honneur qui a fait se remplir la salle : Eric DUPOND MORETTI.
Commence alors une séance de joutes oratoires, de plus ou moins haut vol, de références plus ou moins assurées, de réparties ou moins bien senties, le ton étant donné dès le rapport de présentation de l’invité par les deux derniers Lauréats de la conférence toulousaine, dont on retiendra, outre l’encyclopédie animalière de circonstance, la périphrase évidente sur Eric DUPOND MORETTI : « vous êtes un mec bien ».
La suite supposait d’être vue, et ne se verrait qu’écornée dans un récit papier a posteriori, ce dont je me dispense volontairement.
Pour les absents intrigués et les présents mélancoliques, un DVD est en cours de finalisation et sa diffusion prochaine est en pleine réflexion.
Si vraiment la curiosité se fait trop pressante, interpellez donc dans un couloir du palais, nos confrères Emmanuelle FRANCK et Thomas HERIN AMABILE, nos deux candidats courageux au discours n’ont pas démérité, d’aucuns diront facilement que leur second voire troisième degré leur aura fait garder face riante devant 12 critiques féroces, d’autres admettront que, bien au-delà de ça, c’est tout simplement leur talent qui les aura portés haut ce soir là.
Emmanuelle, Thomas : « vous êtes des mecs bien » !
Plus tard, et alors que l’horloge au fronton du Capitole affiche près de 2 heures, attablée sous les arcades, frappée de fatigue et dégoulinante d’une pluie automnale qui aura surpris tout le monde après la chaleur de la rue de Rémusat et ses 10 minutes de standing ovation, la phrase jetée en l’air d’un quatrième Secrétaire parisien m’aura définitivement comblée : « c’est là notre plus belle Berryer délocalisée »
L’expérience est incontestablement à renouveler entre les mains de ceux qui nous succèderons en décembre…
Pour l’heure, je tiens à remercier personnellement tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce beau moment : Monsieur le Bâtonnier Pascal SAINT GENIEST, qui garde la paternité de l’idée d’une Berryer toulousaine, son homologue parisien à la délicieuse contre-critique, nos huit Secrétaires parisiens enthousiastes Eddy, Yassine, César, Cédric, Jean-François, Zoé, Solène, et surtout Thomas qui m’a coachée depuis Paris, mes acolytes Sébastien FRANCK et Romain GIRAL, Jean Damien CAZANAVE enfilant pour l’occasion un costume de deuxième secrétaire, Thomas HERIN AMABILE et Emmanuelle FRANCK pour leur masochisme débridé, et enfin tous ceux qui ont œuvré dans l’ombre, voués à des tâches plus ou moins ingrates : Julien SOUBIRAN à la caméra, Marc POUSSIN et Julien DEVIERS à l’accueil et à la gestion délicate de l’imposant public, Véronique CHRISTOPH pour la logistique et la communication, le personnel de la régie de la salle du SENECHAL et enfin chacun des spectateurs, patient puis encourageant et stimulant, sans qui le torrent de cailloux n’aurait pas roulé dans l’accent de cette Berryer là…
A tous : merci !
Il me reste un dernier mot pour celui qui ne me lira pas : notre confrère Eric DUPOND MORETTI, accessible, infiniment disponible, monstrueux de talent, définitivement notre Maître à tous.
A l’année prochaine, peuple de Berryer de TOULOUSE !
Marion BARRAULT CLERGUE
1er Secrétaire de la Conférence
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