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Retour sur une année de Secrétaires de la Conférence


Les quatre Secrétaires de la Conférence pendant l’année judiciaire 2012 se sont livrés avec un brin d’humour, quelque peu de pudeur et beaucoup de leur personnalité à un questionnaire de Proust décliné en cinq questions autour de cette année presque écoulée. Il est précisé aux lecteurs que les Secrétaires ont répondu isolément aux questions sans se concerter.

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Quel a été selon vous le moment de votre année de Secrétaire le plus jubilatoire, embarrassant, émouvant, insolite, et enrichissant ?

Me Maher ATTYE, 1er Secrétaire

Le plus jubilatoire ? Le discours qui m’a permis d’être médaillé. Sentir que le public est attentif, réceptif, sentir que l’on ne fait qu’un avec son texte et que l’auditoire le ressent. Au fil du discours, le plaisir se substitue à la peur, et quel plaisir ! Puis à la fin, entendre encore les applaudissements alors que l’on est assis et que l’on a fini de parler, prendre conscience que l’on a fait plaisir et rire, c’est tout simplement jubilatoire !
Le plus embarrassant ? Le soir de la Berryer, peu avant le dîner, alors que j’avais eu le plaisir d’accueillir Monsieur Jean-Louis Debré à l’aéroport, et que je l’avais conduit de son hôtel au restaurant, Monsieur le Bâtonnier fit les présentations des différents Secrétaires parisiens et toulousains. Lorsque vint mon tour, Jean-Louis Debré me demanda : « Et vous, vous êtes qui ? ». Preuve, s’il en fallait, que la mémoire des grands hommes, est faite d’actes et non de discours.
Le plus émouvant ? Le moment le plus émouvant de cette année n’est pas un moment directement lié à la Conférence, mais je n’y aurais jamais porté le même regard si je n’avais pas été Secrétaire en exercice. Ce moment est celui du discours de Monsieur le Bâtonnier Saint Geniest le soir de l’élection du nouveau Bâtonnier Douchez.
Le plus insolite ? Le repas que nous avions eu la chance de partager avec Monsieur Jacques VERGES. Lui qui a été au contact des plus grands esprits, mais aussi des plus grands dictateurs. D’une phrase à l’autre, on basculait de la Chine communiste à la Côte d’Ivoire tourmentée, un puits de savoir et d’expérience autant que le témoin privilégié des époques, ce repas restera inoubliable.
Le plus enrichissant ? Sans hésiter, le discours de Rentrée solennelle. L’avant discours, fait de la cérémonie en hommage aux morts, l’accolade de soutien de Monsieur le Bâtonnier avant de pénétrer dans la salle comble. Puis le discours en lui-même. Sentir, que l’on est là, devant cette salle, que pèse une attente légitime liée à notre titre de Secrétaire, que le projet se concrétise, qu’il va falloir transformer l’essai. Une victoire n’est belle qu’à l’aune de ce que l’on décide d’en faire. Ce jour-là, il aura fallu se dépasser. Enfin, l’après discours et la soirée de rentrée, les félicitations, et les encouragements. Cela marque une vie, comme un refuge que l’on garde en soi à jamais.

Me Hugues DELAFOY, 2ème Secrétaire

Le plus jubilatoire ? La conversation téléphonique entre le Bâtonnier et Matthieu Maurel lors de l’annonce des résultats.
Le plus embarrassant ? Les instants qui précèdent le discours de la rentrée solennelle.
Le plus émouvant ? Des phrases entendues, ici et là, que je garde pour moi !
Le plus insolite ? Antoine Lombard imitant Jean-Yves Le Borgne dans le métro parisien.
Le plus enrichissant ? Beaucoup de rencontres. Notamment ce dîner avec Jacques Vergès. Un moment incroyable !

Me Matthieu MAUREL-FIORENTINI, 3ème Secrétaire

Le moment le plus jubilatoire ? Sans nul doute, le moment où j’ai prononcé mon petit discours de conférence, le lundi 12 décembre 2011 au soir, alors que j’arrivais fourbu d’Aix en Provence. Ces instants pendant lesquels, alors que je prononçais mon propos, j’ai senti que le public m’écoutait, que des sourires se formaient, ravi d’entendre que des rires, peu à peu, s’élevaient. Quel bonheur ! Ces visages familiers, amusés, attentifs, me procuraient tant de plaisir que j’ai même espéré que ces minutes ne s’achèvent jamais.
Le moment le plus embarrassant ? L’exercice de la Conférence Berryer, exigeant de nous la critique acerbe, incisive et publique des interventions de très courageux confrères !
Le moment le plus émouvant ? Cet instant où m’a été remis le drapeau national pour accompagner la cérémonie d’hommage aux avocats morts pour la France, ce moment si solennel où ont été rappelés à notre mémoire et prononcés les noms de ceux, du barreau de Toulouse, qui sont tombés, dans l’accomplissement de leur devoir, pour la patrie.
Le moment le plus insolite ? Celui où je me suis retrouvé, dans un bureau terne du palais de justice d’Izmir, au beau milieu de la Turquie, avec Monsieur le Bâtonnier Saint Geniest, à prendre le thé avec un procureur général sans cour d’appel, empressé de nous offrir à chacun une grosse cravate rouge-bordeaux-gris, dont les motifs ne pouvaient avoir été dessinés que par un tailleur soviétique des années 1960.
Le moment le plus enrichissant ? Les rencontres, les contacts noués dans les barreaux de France et de l’étranger. Et la découverte de deux amis. En fait, le plus enrichissant est à venir.

Me Antoine LOMBARD, 4ème Secrétaire

Le plus jubilatoire ? Le succès renouvelé de la Conférence Berryer importée à Toulouse par nos aînés et à laquelle nous avons pu associer la Gazette du Midi pour un exercice journalistique inédit.
Le plus embarrassant ? Le pavé de morue au Chorizo sur son riz à l’encre de seiche lors du repas de passation de pouvoirs.
Le plus émouvant ? La remise de la médaille de secrétaire par Monsieur le Bâtonnier FARTHOUAT lors de la Rentrée solennelle qui sut, mieux que quiconque, apprécier mon discours à sa juste valeur. Et l’énergie déployée par Monsieur le Bâtonnier Saint Geniest pour nous faire vivre une année de secrétaire aussi inoubliable que celle qu’il a lui-même vécu il y a quelques années à Paris.
Le plus insolite ? Le dîner au cours duquel Maître Jacques Vergès nous a conté quelques moments choisis de sa vie, pour nous faire revivre quelques grands moments de l’histoire du XXème siècle notamment lorsqu’il nous a dévoilé ce qu’il a fait, où il était et avec qui entre 1970 et 1978.
Et la discussion impromptue avec Jean-Louis Debré lors de la Rentrée solennelle du barreau de Paris.
Le plus enrichissant ? La présence de femmes dans notre promotion de secrétaires qui a apporté un véritable contrepoids aux chocs de testostérone. Et la rencontre avec de nombreux confrères du barreau de Toulouse, de Paris, de Montréal et d’ailleurs.