2012

La Berryer décentralisée instituée à Toulouse

Il est des événements, que l’on contemple et d’autres que l’on choisit de vivre. La Conférence Berryer fait assurément partie de cette seconde catégorie.

Acteurs et spectateurs de ces jeux de l’éloquence, traditionnellement exclusivement parisiens, ont démontré, cette année, que la conférence Berryer a définitivement acquis sa légitimité à Toulouse.

A Paris comme ailleurs, les règles de l’exercice demeurent immuables comme celles d’un rite qui ne saurait souffrir d’une quelconque dénaturation : un invité d’honneur qui fût cette année, Monsieur Jean-Louis Debré, Président du Conseil Constitutionnel ; deux valeureux candidats à l’autodérision éprouvée ; douze Secrétaires de la Conférence composant la critique, et enfin une contre-critique assurée par un ou plusieurs anciens Secrétaires.

Pour satisfaire aux exigences de cette « Berryer décentralisée », huit Secrétaires parisiens ont ainsi franchi le périphérique et sont « descendus » de la Capitale afin de prêter main-forte aux quatre Secrétaires toulousains pour assurer la critique. La contre-critique était quant à elle servie par le Vice-Bâtonnier le plus éloquent de tous : Jean-Yves Le Borgne accompagné de Pascal Saint Geniest, Bâtonnier du barreau de Toulouse.

Et pour contempler le spectacle, une arène regorgeant de curieux venus saluer la verve des uns et le courage des autres.

Les équipes ainsi composées, les jeux purent commencer.

Cette année, le portrait doux-amer de l’invité a été dressé par les premier et troisième Secrétaires de la Conférence toulousaine. Les contre-vérités lancées par ces derniers ont été immédiatement rectifiées par un Jean-Louis Debré, cinglant, aux remarques acerbes et à la faconde redoutable déstabilisant même quelque peu les orateurs non encore vraiment rompus à l’exercice.

Les candidats prirent alors la parole – Morituri te salutant !

Chacun, critiqué tour à tour par les Secrétaires parisiens et toulousains se lançant alors dans une série de joutes oratoires corrosives, aux contours acides, mais qui n’aura pas suffi à effacer le sourire du visage des deux impétrants, confirmant ainsi une propension réelle ou supposée à l’autodérision.

A ces deux candidats d’un soir, j’adresse mes plus sincères félicitations.

Je tiens à remercier naturellement, Monsieur Jean Louis Debré, invité prestigieux de cette Berryer, qui nous fit l’honneur de sa sage présence ce soir, se prêtant, en toute simplicité, avec finesse et éloquence à ce spectacle de bons mots.

Je souhaite également remercier, l’ancien Vice-Bâtonnier, Monsieur Jean-Yves Le Borgne, aux critiques redoutées (à raison) et redoutables, Monsieur le Bâtonnier Saint Geniest, dont l’initiative et la volonté ont permis de voir naître et perdurer cette Berryer délocalisée, les Secrétaires de la Conférence du barreau de Paris pour avoir accepté de jouer le jeu de la délocalisation à nos côtés, les anciens Secrétaires de la Conférence du barreau de Toulouse qui ont su nous accompagner sur les chemins escarpés de cet exercice si difficile, et tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la concrétisation de cet événement.

Gageons que la Berryer délocalisée se perpétuera entre les mains de nos successeurs pour que le barreau de Toulouse demeure un grand barreau non seulement par le nombre mais surtout par le talent.


Maher ATTYE
1er secrétaire